Butembo : l'ascension et la chute des artistes : Analyse des labels BMS et Ray Production ( Edito du chroniqueur musical Yannick lukeka )

©logo de Bms et Ray production
Il y a 23 heures Rédaction Zoom2hits 296
Dans un monde en constante évolution , plusieurs défis sont à relèver , mais aussi une carrière se veut de respecter certaines exigences actuelles de l'industrie musicale pour éspèrer à une reussite .
Dès le départ , Je ne dirais pas que notre musique connaît le pire moment de son histoire, mais une de ses mauvaises pages, bien sûr.
Je m'explique, j'ai été le plus heureux quand j'ai vu des artistes avec lesquels nous avons combattu ensemble afin de valoriser le hip-hop à Butembo, signés dans des maisons de production. Je cite le label BMS et Ray Production. Ici, l'occasion de remercier ces bonnes initiatives pour notre culture, ces bijoux que nous n'avons pas, malheureusement, su garder jalousement pour le bien, afin de servir de repères aux générations futures.
Les premiers fautifs restent et demeurent ces artistes à qui on a presque tout donné, mais qui n'ont pas su rendre l'ascenseur aux producteurs. Une chose qui fâche !
Pourquoi ? La plupart de ces artistes, en manque de vision peut-être, se sont laissés emporter par le succès éphémère : les premiers billets, les petites rencontres avec les fans, la reconnaissance du public… etc.
Conséquence : ils ne savent plus à quel saint se vouer, ils se perdent dans l'industrie musicale et dans le showbiz actuel parce que tout simplement, ils n'ont pas su maintenir leur petit succès.
Où sont-ils passés ? Sûrement en train de composer de nouvelles chansons, signer de nouveaux contrats peut-être.
Ce que nous pouvons retenir de ces artistes, c'est qu'ils se sont laissés déchirer par la même épée de Damoclès ayant causé la chute libre de leurs aînés, ces grands artistes qui donnaient de l'espoir mais qui, aujourd'hui, ne savent plus avancer, leurs textes bornés qu'à leur communauté.
Dans cette réflexion, je nous interpelle aussi, nous, de la presse, de ne pas avoir collaboré avec ces artistes ou avec leurs maisons de production. À quel moment avons-nous été contactés par ces maisons ou ces artistes pour l'accompagnement ?
Je crois que la réponse à cette problématique revient aussi aux membres dirigeants de ces maisons qui ne voulaient pas communiquer à leur boss les vraies idées pouvant booster ces labels. On avait l'impression qu'ils voyaient ces structures comme un bien privé, pendant que la communauté était aussi de la partie.
Un autre point alarmant : nos artistes ont fait croire à leur boss qu'ils avaient une base solide de fans à Butembo et à Beni et que, facilement, sans même la presse, ils pouvaient remplir tous les stades. Nous savons tous le résultat. Ce qui a causé la chute ou la perte de vitesse de ces labels, c'est la communication et les stratégies managériales.
Aux labels et aux artistes qui vont naître ou qui grandissent, aujourd'hui, seule la voix ne suffit plus. Il y a toute une machine qui doit suivre, les artistes doivent se familiariser avec les outils de la nouvelle technologie, savoir se faire entourer, savoir communiquer sur les réseaux sociaux, bref, mettre en place une équipe managériale qui s'y connaît.
Aux labels, de mieux cibler les artistes, savoir ce que veut le peuple, penser au prix des concerts, renforcer les capacités des artistes.
Enfin, à nous les chroniqueurs de faire notre travail dans l'impartialité, de faire dans nos émissions des critiques scientifiques comme celles-ci pour que nous puissions élever nos artistes qui sont pourtant talentueux. Aujourd'hui, dans les grands salons artistiques du Kivu, nous sommes en voie de disparition, pourtant aux temps jadis, nous tenions le flambeau avec le feu grand-père Jack Buzito, Popal Isse, Deli Kongoli…
Il n'est pas trop tard de se relever, nous pouvons encore sortir de ce gouffre nous imposé innocemment par certains aînés devenus des canards boiteux, mais dont nous souhaitons promptement l'élévation.
Yannick lukeka